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Synthèse du 29 mars au 20 avril 2015

 Actualité du Service des droits des femmes et de l’égalité de la Direction générale de la cohésion sociale.

Sommaire de la synthèse

Action institutionnelle
Système de santé : des avancées importantes pour les droits des femmes
Le gouvernement s’engage pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports
Conseils départementaux : la présence des femmes progresse, mais du chemin reste à faire
Marisol Touraine rappelle l’importance de protéger les personnes prostituées
Application de la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle
Feuille de route pour l’égalité de l’Education nationale
Le plafond de verre dans les ministères
Femmes citoyennes d’hier et d’aujourd’hui.
Des femmes engagées au service de la défense de notre pays
Activité de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale en 2014,
Déchéance de leur bail des locataires sociaux auteurs de violence conjugale

Hommage
Disparition de Michèle Manceaux

Dans les territoires
La région Lorraine devient territoire d’excellence en matière d’égalité professionnelle
Midi-Pyrénées : un dispositif pour renforcer l’entrepreneuriat des femmes
Alsace : les parcours vers l’égalité
Haute-Saône : égalité professionnelle dans l’industrie
Haut-Rhin : hommage à une Résistante alsacienne oubliée

Égalité, non discrimination, féminisme
L’égalité sous conditions. Genre, parité, diversité
Une réflexion sur l’utilité de la notion de vulnérabilité pour le féminisme
Et si les sorcières renaissaient de leurs cendres ?
Lancement de l’affiche « déclaration des droits humains »
Pas de répit contre les publicités sexistes !
Lancement officiel de la Campagne #HeForShe en France
Chine : menace sur les féministes
Tunisie : femmes, le maillon fort

Égalitédans la vie professionnelle
Pas de parité dans les instances sans actions de sensibilisation
Un portrait de la seule femme gendarme du PGHM de Chamonix
A l’université, les femmes tenues à l’écart des responsabilités
« Hommes, femmes : modes d’emploi »
L’égalité femmes-hommes : un enjeu pour les syndicats du monde de l’éducation
Une enquête sur les femmes de plus de 45 ans dans le monde de l’entreprise

Parité et vie politique
L’UMP nouvelle formule se convertit à la parité
Election des président-e-s des conseils départementaux
Hillary Clinton, candidate du Parti démocrate pour les présidentielles étasuniennes

Egalité dans la vie personnelle et sociale
IVG : vers la suppression du délai de réflexion de sept jours
Pour le Planning Familial : « La loi de santé : des avancées…à concrétiser ! »
L’offre d’accueil collectif des enfants de moins de trois ans en 2012
Béatrice Barbusse nommée à la tête du Centre national pour le développement du sport
Promotion du cyclisme féminin par la Fédération Française de Cyclisme
Femmes à cheval
Anniversaire du mariage pour tou-te-s

Lutte contre les violences
Lutte contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun
Prostitution : volée de bois vert contre le vote du Sénat
Cybersexisme : une campagne d’information décalée cible les jeunes
Journée dédiée à la problématique des violences au sein du couple
Droit d’être soignées et protégées pour toutes les victimes de violences sexuelles !
« Tu la sens bien profond ma liberté expression »
Un an après… 200 jeunes lycéennes toujours prisonnières de Boko Haram

Culture, communication
La tournée nationale de Blandine Métayer sur l’égalité professionnelle continue
« Entre femmes. 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées »
Thésarde et avocate au crible de la bande dessinée
« Le mâle entendu »
Le patriarcat gravé dans le marbre du Taj Mahal

ICI : La synthèse complète

29.04 – 70ans après, retour sur le droit de vote des femmes.

En France
« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes »
Ordonnance du 21 avril 1944, après débat à l’Assemblée constitutive d’Alger.

1945

  • 29 avril et 13 mai, les femmes votent pour la première fois aux élections municipales.
  • 21 octobre, premier vote national pour élire l’Assemblée constituante.

Une citoyenneté différée pour les Françaises, alors que de nombreux pays de l’Union européenne accordent le droit de vote aux femmes au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Obtention du droit de vote des femmes dans différents pays

Mais aussi : 1913 en Norvège, 1915 en Islande, 1918 au Canada et en Russie, 1919 aux USA, 1920 en Albanie, Autriche et Hongrie… 1994 pour les femmes noires en Afrique du Sud, dans les années 2000 dans les pays musulmans.

La Révolution française

Des femmes citoyennes au plan civil mais sans droit politique.
Une femme singulière en son temps : Olympe de Gouges et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Elle y réclame justice à son sexe et des droits civiques et politiques strictement égaux à ceux des hommes :

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« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également le droit de monter à la tribune » (article X)

Condamnée en 1793 et guillotinée, l’accusation de trahison portée contre elle vise son engagement hors du cadre assigné aux femmes :
« Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle commença par déraisonner et finit par adopter le projet des perfides qui voulaient diviser la France : elle voulut être homme d’Etat, et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe » (Feuille de salut public du 27 Brumaire an II)

Les femmes ne tirent aucune reconnaissance de leur participation massive aux journées révolutionnaires… Bonaparte les rabaisse en mineures à vie (Code civil, 1801). L’histoire se répète : par trois fois entre 1789 et 1871, les femmes se portent au plus durs combats sans en tirer quelque reconnaissance quant à l’égalité des droits.

Priorité à la lutte contre l’exploitation des ouvrières

Flora Tristan (1803-1844), à l’avant-garde d’une internationale ouvrière ; pour elle l’émancipation des travailleurs est indissociable de celle des femmes.

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« L’homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même » (Des moyens de constituer la classe ouvrière)

 

1848- Un suffrage universel masculin

Les priorités pour les femmes sont celles du droit au travail, des droits civils et de l’éducation des filles.Jeanne Deroin (1805-1894), une pionnière du suffragisme.
Ouvrière lingère autodidacte devenue institutrice, aux idées socialistes utopistes, fondatrice du journal La politique des femmes devenu L’opinion des femmes. Elle est candidate aux élections législatives de 1849 :
« Je viens me présenter à vos suffrages par dévouement pour la consécration d’un grand principe, l’égalité civique et politique des deux sexes. […] Une assemblée législative uniquement composée d’hommes, est aussi incompétente pour faire les lois d’une société composée d’hommes et de femmes, que le serait une assemblée composée de privilégiés pour discuter des intérêts des travailleurs, ou une assemblée de capitalistes pour soutenir l’honneur du pays. »

Réaction de Pierre Proudhon (1809-1865) penseur du socialisme libertaire :
« Nous ne pouvons laisser passer sans protester énergiquement au nom de la morale publique et de la justice elle-même de semblables prétentions et de pareils principes. Il importe que le socialisme n’en accepte pas la solidarité […] Le ménage et la famille voilà le sanctuaire de la femme » (journal Le Peuple ,12 avril 1849).

Quelles priorités pour le mouvement féministe ?

La conquête du droit au travail et à l’éducation, des droits civils (divorce, famille…) est-elle ou non subordonnée à la conquête des droits politiques (droit de vote) ? De nombreux journaux de femmes, créés de 1871 à 1914 en débattent.

  • Le droit des femmes, fondé en 1869 avec Maria Deraismes
  • La citoyenne, d’Hubertine Auclert créé en 1881 ou La Fronde, de Marguerite Durand, en 1891.

Des femmes se présentent illégalement aux élections, organisent des pétitions et des actions de propagande.

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Hubertine Auclert fait de la résistance. En 1880, elle refuse de payer ses impôts et écrit au Préfet : « Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges, je ne vote pas, je ne paye pas ». Elle manifeste dans les mairies lors des mariages pour dénoncer l’infériorité sociale que le code civil établit et que le suffrage des femmes pourrait réformer. Elle crée la société Le suffrage des femmes qui organise des pétitions, des rassemblements et multiplie les actions.

De nouveaux groupes se créent dont l’Union française pour le suffrage des femmes-UFSF. Le mouvement gagne en légitimité.

1914 – Jaurès défend le droit de vote des femmes à la Chambre des députés :
« C’est l’humanité entière qui doit agir, penser, vivre et l’on a bien tort de redouter que le suffrage des femmes soit une puissance de réaction, quand c’est par leur passivité et leur servitude qu’elles pèsent sur le progrès humain »

La guerre brise cette dynamique..

Lenteurs parlementaires, obstruction du Sénat

La période de la guerre a montré les compétences des femmes et leur force. Le suffrage universel est voté de nombreuses fois à la Chambre des députés, en 1919, 1925, 1932, 1935. Mais, à chaque fois le Sénat joue l’inertie et repousse les projets de loi.
Louise Weiss et Cécile Brunschvicg poursuivent le combat mais le désintérêt gagne : « Les paysannes restaient bouche bée quand je leur parlais du vote. Les ouvrières riaient, les commerçantes haussaient les épaules, les bourgeoises me repoussaient horrifiées. » (Louise Weiss, Ce que femme veut)

Florilège contre le vote des femmes :

  • « Plus que pour manier le bulletin de vote, les mains des femmes sont faites pour être baisées… » (Sénat-1919).
  • « Les femmes étant encore plus livrées que les hommes aux forces émotives seront emportées encore plus massivement… » (Romain Rolland-1925)
  • « Nous sommes disposés à accorder aux femmes tout ce que leur sexe a le droit de demander en dehors de la politique… » (Sénat 1932)

1936– « Trois hirondelles ne font pas le printemps » dit Louise Weiss

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Elles n’ont pas le droit de voter, mais sont nommées sous secrétaires d’Etat par Léon Blum : Cécile Brunschvicg- présidente de l’UFSF- à l’éducation nationale, Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique, Suzanne Lacore à la santé publique.

1944– « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». (Ordonnance du Général De Gaulle du 21 avril 1944)

1945 – Assemblée constituante, trois femmes députées du Nord

  • Emilienne Galicier, résistante communiste, responsable de l’Union des Femmes Françaises, dans le Nord-Pas de Calais- Aisne et Ardennes, députée de 1945 à 1958.
  • Rachel Lempereur, institutrice et directrice d’école, militante syndicaliste et socialiste, résistante, députée de 1945 à 1958.
  • Madeleine Leo-Lagrange, une des premières femmes à exercer la profession d’avocat, participe auprès de son mari à la mise en place de la loi sur les congés payés en 1936.

Très peu de femmes députées (moins de 6% avant 1997), encore moins de femmes au gouvernement.

1974– Pour la première fois une femme devient Ministre, Simone Veil chargée de mener à bien la législation sur l’avortement.

70 ans de vote des femmes.

Elles ont d’abord été plus portées sur l’abstention et plus conservatrices que les hommes, puis leur vote s’est rapproché de celui des hommes au fil de l’évolution de leur statut social. Mieux éduquées, de plus en plus présentes dans le monde du travail ; après l’élan donné par le MLF dans la foulée de mai 68 et l’accès à la maîtrise de leur fécondité, les femmes s’abstiennent moins, votent plus volontiers à gauche et refusent l’extrême droite. Depuis 2012, les études et sondages semblent montrer qu’il n’y a plus de différences significatives entre les votes des femmes et des hommes.

Du droit de vote à la parité

1945-1981- Les femmes sont-elles réellement éligibles ? Les mandats sont dans les mains d’une classe politique masculine qui se renouvelle peu et qui capte tous les pouvoirs. Elles sont exclues de fait, des décisions politiques.

1982– la proposition qu’il n’y ait pas plus de 75% de personnes du même sexe sur toute liste électorale, adoptée par le Parlement est refusée par le Conseil Constitutionnel, au nom de l’universalisme républicain.

1989-1992-l’idée européenne de parité. Elle émerge au Conseil de l’Europe et est médiatisée au sommet européen d’Athènes Femmes et pouvoir.

Vifs débats parmi les intellectuel-le-s et les politiques. Des associations se créent, transversales aux engagements partisans des unes ou des autres, et se mobilisent pour une démocratie paritaire, où pouvoirs et responsabilités seraient partagés, de manière équilibrée, entre les femmes et les hommes.

1999-Première loi constitutionnelle : « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Les partis contribuent à la mise en oeuvre de ce principe dans les conditions déterminées par la loi ».
2008-le principe d’ « égal accès » est étendu aux responsabilités professionnelles ou sociales.

2013- Loi sur les modes d’élection dans les collectivités locales avec scrutin de liste et obligation de parité à toutes les communes de plus de 1 000 habitants. Parité garantie dans les départements.

2015- 16% de femmes maires, 7% de présidentes d’intercommunalités, 10% de présidentes de conseils départementaux, et dans chacune des deux Chambres, Assemblée nationale et Sénat, environ un quart des députés ou des sénateurs sont des femmes. Le plafond de verre résiste !

Faut-il de nouvelles lois contraignantes et/ou nouvelles pénalités ? Rien ne changera réellement tant que l’on n’aura pas déconstruit cette culture misogyne qui s’exprime toujours avec force et régularité dans le système social et politique et freine les femmes dans leur élan, allant du discrédit sur leurs paroles et de la mise en doute de leurs compétences, aux remarques sexistes et aux violences de toutes sortes…L’exigence de parité est un levier de cette lutte.

La révolution culturelle de la parité est en marche.

 

LE COMPLEXE DE LA BONNE ELEVE

Le complexe de la bonne élève

Un concept à la loupe

Elle a tout bon, depuis presque toujours. Première de la classe depuis le CP, diplômes avec mention, résultats remarquables au travail, elle est considérée à l’unanimité comme une personne bosseuse, redoutablement efficace, extradordinairement fiable. C’est une “perle“, une professionnelle “irréprochable“, une “femme brillante“.

Pourtant elle n’a pas la carrière qu’elle mérite, et cela dissonne avec le concert d’éloges qu’elle suscite. Elle-même ne se satisfait d’ailleurs pas des compliments seulement, faisant peut-être partie des 75% de femmes “bien dotées de par leur formation et leur profil professionnel” qui estiment ne pas être rémunérées à leur juste valeur (enquête PWN, 2013).

Il y a comme un hic dans ce hiatus entre la valeur reconnue de son travail et la récompense qu’elle en perçoit. Et si cette femme qui a “tout pour réussir sauf que…” était sujette au “complexe de la bonne élève“? Un syndrome paradoxal qui prend l’exigence d’excellence au piège d’une morale ambiguë du travail.

Le “Complexe de la bonne élève”, c’est le concept du discours sur le leadership féminin que le blog EVE passe ce mois-ci à la loupe.

Pour une brève histoire du “travail” scolaire

Pour cerner le “complexe de la bonne élève”, commençons par tenter une définition du “bon” ou de la “bonne” élève. Un objectif que s’est fixé, dans les années 1970, le didacticien Jean Repusseau, dans le prolongement de ses riches et nombreux travaux sur les voies et leviers de l’apprentissage.

Dans son ouvrage Bons et mauvais élèves – Le complexe de Möbius, Repusseau retrace l’histoire de ce qu’on pourrait appeler la “bonélèvitude”.

Où l’on apprend, d’emblée, que la performance scolaire est une valeur relativement récente, dans l’histoire. Post-révolutionnaire, en l’occurrence : du temps de l’Ancien Régime, ce qui faisait vertu chez les jeunes gens, c’était l’oisiveté ; et c’est la République qui, dans une préoccupation de donner réalité au principe d’égalité, via la culture du mérite, a inventé l’école où l’on travaille, pour s’élever.

Etre “bosseur” ou “bosseuse” à l’école, c’est donc dans les faits bien plus ambigu qu’il n’y parait dans la construction de notre imaginaire collectif de l’excellence, qui fait une place pas seulement glorieuse à l’ardeur à la tâche. Il suffit d’ailleurs, pour s’en convaincre, d’entendre quelques accents dépréciatifs dans le qualificatif “scolaire“, quand il se fait volontiers synonyme d’ “appliqué-e“, de “conformiste“, de “laborieux-se“, voire de “tâcheron-ne“…

Règles du jeu : officielles et officieuses

En effet, si les règles du jeu de la “bonne” éducation ont officiellement changé avec l’avènement de l’école pour tous (et plus tard, pour toutes aussi), celles qui donnaient prime à l’esprit musard sur la mentalité bûcheuse n’en ont pas pour autant été effacées.

C’est lapalissade, après les travaux de Bourdieu sur l’école, de dire que règles écrites et règles officieuses cohabitent, quand la compétence objectivable et les qualités méritoires entrent en concurrence avec des savoir-faire et savoir-être que l’institution scolaire n’enseigne pas.

Et nos esprits d’associer l’aisance qui n’a l’air de rien avec le brio, d’admirer la capacité à réussir sans trop (se faire) suer et de nourrir de la fascination pour le talent prétendu “inné” plutôt que pour la compétence “acquise” qui marque trop visiblement les repères et traits de coupe…

Ce qui est déjà vrai à l’école le sera aussi, et plus encore, dans le monde du travail.

Grammaire de l’école et grammaire du monde du travail

Sauf que l’école, même reproductrice de valeurs qu’elle ne professe pas officiellement, processe la progression des élèves avec un système relativement lisible : de bonnes notes, de bonnes appréciations, de bonnes moyennes, des “encouragements” ou “félicitations” et le passage en classe supérieure est assurée! Et quel conseil de classe ne serait pas soupçonné de bouffées délirantes s’il imposait le redoublement à celui ou celle qui a 14, 15 ou 16 de moyenne?

Pourtant, il arrive que l’ancien-ne “bon-ne élève“, n’ayant rien perdu de son sérieux, de son ardeur au travail et de sa capacité à acquérir de nouvelles compétences, stagne ensuite dans son parcours professionnel. Quitte à voir de moins précis-es, de moins zélé-es, et peut-être même de moins tangiblement qualifié-es, lui passer devant en petites foulées, au moment des promotions.

Alors quoi? La preuve faite cruelle évidence que le monde du travail serait injuste, qui promouvrait à “la tête du client” et piétinerait les valeurs du mérite? Ou bien une grammaire autre des attentes qui favorise des qualités méritoires aussi, mais différentes de celles que valorise l’école (le “faire savoir”, le “sens politique”, l’assertivitél’agilité empathique…), et surtout privilégie le potentiel sur l’acquis

“Bon élève” et “bon enfant”

Sinon quiproquo, il y a donc bien faille dans le processus de transformation du “bon-ne élève” en “bon-ne professionnel-le. Et il ne suffit pas, pour en comprendre les mécanismes, de distinguer binairement l’école qui serait du côté de l’apprentissage des “savoir faire” de l’entreprise qui serait du côté de la promotion des “savoir être”. Il faut surtout comprendre quel type de “savoir être” l’école valorise, et qui ne sera pas nécessairement au centre des attendus dans l’entreprise.

En l’occurrence, l’institution scolaire tend à analogiser le “bon élève” et le “bon enfant”, dit Jean Repusseau. C’est un “enfant modèle” qu’elle idéalise : comme les Camille et Madeleine “bonnes, gentilles, aimables” de la Comtesse de Ségur, le “bon élève/bon enfant” est docile à la consigne et observant de la discipline. Sans être nécessairement conformiste dans l’âme (puisque le “bon élève” aura aussi éventuellement appris l’esprit critique), il est respectueux de la hiérarchie (quand même il douterait de sa légitimité en son for intérieur, voire ne lui accorderait que modérément son estime). Loyal à l’égard de l’adulte, il n’en conteste pas l’autorité positionnelle et fonctionnelle : c’est l’adulte (ou plus tard le boss) qui décide, et même si la règle qu’il fixe est absurde ou injuste, elle s’applique. Ne reste qu’à enrager silencieusement si cela produit des états de fait à déplorer, voire des situations iniques.

La “morale” du travail au centre du motif

On ronge son frein mais on se console par l’éthique, car cette acceptation de principe des légitimités en place, repose sur une foi en la morale chevillée au coeur. On n’a pas les honneurs, mais on a l’honnêteté pour soi. On n’a pas la rémunération, mais ce que l’on gagne est honnêtement acquis. On n’a pas la visibilité qu’on espère, mais on ne brûle pas ses idéaux à la lumière. On est du côté de la morale.

Mais quelle morale ? Celle de la fidélité (oui, mais à qui? A l’autre, à l’institution ou bien à soi?), celle de la sagesse (oui, mais sous quelle forme? La prudence, la patience et la discrétion ou bien la hauteur de vue, le sang-froid le regard critique?), celle de la droiture (oui, mais dans quelle acception? Dévouement ordonné, satisfaction aux convenances et rigueur perfectionniste ou bien transparence, intégrité et alignement de ses compétences, valeurs et actions?).

Les pièges de la “bonélèvitude” : la “parfaite numéro 2″

Puisqu’il est question de morale, il y va de vision de soi… Et même, disons-le, de fierté! Alors, comme pour le “complexe d’imposture“, il va falloir se méfier des péchés d’orgueil qui font les pièges les plus sûrement tendus à soi.

Car à force de redoutables capacités de travail, d’intransigeante loyauté, et de fiabilité sans concession dont elle se targue, la “bonne élève“ n’incarne pas tant le potentiel, avec ce qu’il implique de facteur de risque, que l’avéré, avec ce qu’il a de sécurisant mais aussi de renvoi au passé ; pas tant l’espoir du meilleur que la garantie de l’accompli ; pas tant le pari d’ambition sur l’avenir que l’assurance de stabilité sur le présent.

Voilà qui fait souvent de la “bonne élève” une “parfaite numéro 2“, à la fois vue comme telle par les autres (et quel intérêt de lui proposer le poste de numéro 1, quand on a mis la main sur une pareille perle pour servir de solide bras droit aux ambitieux-ses?) et perçue ainsi par elle-même (qui s’inquiète, quand “tout va à peu près bien” ou “rien ne va vraiment mal“, d’aller se mettre en danger en exprimant de plus hautes ambitions).

En d’autres termes, elle heurte le plafond de verre… A force de trop bien faire! Et alors gare aux frustrations : à poste de numéro 2, rémunération de numéro 2, considération de numéro 2, progression de numéro 2!

Sortir du “complexe de la bonne élève” : les “bonheurs de Sophie”

Le complexe de la bonne élève est-il pour autant une fatalité? Imaginons, en retournant fouiner dans la bibliothèque de notre enfance, qu’au lieu de prendre exemple sur les petites filles parfaites de la Comtesse de Ségur, on s’inspire de leur contre-modèle : la cousine Sophie.

Souvenez-vous, c’est cette demoiselle aux “cheveux coupés courts comme ceux d’un garçon“, qui se passe de chapeaux et de gants car sa mère veut “l’exposer au soleil, à la pluie, au froid et au vent“. Sa vie n’est que succession d’aventures et d’expérimentations : fi des mises en garde, elle brave les interdits pour satisfaire son insatiable curiosité, joue de malice et imagine incessamment des astuces pour contourner les règles trop strictes, apprend de ce qu’elle vit davantage de ce qu’on lui dit et préfère encore risquer la réprimande à l’occasion que de renoncer aux tentations

Il ne lui arrive que des “malheurs“? C’est ce que le titre du roman qui lui est consacré laisse supposer. Mais est-ce si sûr? De l’oeuvre de Ségur, plusieurs interprétations sont permises : d’aucun-es la lisent en effet comme une saga punitive qui prévient les filles des risques et méfaits de l’indiscipline… Mais d’autres, se souvenant d’un préambule qui ne cache pas l’inspiration autobiographique du personnage de Sophie, voient une ode en creux à l’esprit de liberté et à la force des insoumises !

Car la véritable héroïne, n’est-ce pas finalement la turbulente Sophie, celle par qui arrive dans le coeur des impeccables “petites filles modèles” une réflexion sur le bien et le mal et ce qui fonde le jugement moral. Car chaque fois que Sophie l’audacieuse expérimente quelque chose de nouveau, défiant les règles en place pour définir les siennes, c’est toute la bande qui, confrontée à des choix (la laisser faire ou tenter de la retenir, l’admirer/l’envier ou la désapprouver, la regarder de loin ou la suivre…), s’interroge sur le sens des normes et la portée des actes, et par là-même gagne en autonomie et grandit… N’est-ce pas là une enthousiasmante illustration du leadership?

 

Marie Donzel, pour le blog EVE.

AIDE-TOI ET TA BOÎTE T’AIDERA ! enquête IPSOS Forum ELLE Active

Les salariés français restent aujourd’hui les plus démotivés d’Europe

Pour appréhender au mieux ce qui se passe aujourd’hui dans la tête des Français et des Françaises, il faut garder à l’esprit que la France est aujourd’hui un cas à part. Les salariés français sont les plus démotivés de tous et les plus mécontents en termes de reconnaissance (52% contre 46% au niveau européen – Enquête Ipsos / Edenred 2014), du respect dont ils font l’objet (43% contre 33% au niveau européen) et de leur niveau de rémunération (61% contre 51% dans les autres pays). Si ce phénomène est particulièrement fort dans l’hexagone, il se retrouve aussi dans toute l’Europe du sud et donc dans les pays qui souffrent le plus de la crise économique.

Dans ce contexte critique, l’enquête Elle Active réalisée en 2014 avait montré que les salariés français étaient moins ambitieux qu’avant. L’enquête avait montré que l’épanouissement au travail importait désormais plus que la prise de responsabilités hiérarchiques, les responsabilités ou le salaire.on observait alors qu’un faible différentiel entre les hommes et les femmes.

Vers une égalité homme/femme en termes de satisfaction professionnelle ?

A priori, au vu des résultats de l’enquête Elle Active de 2015, on serait tenté de considérer que les choses vont plutôt dans le sens d’une convergence des niveaux de satisfaction professionnelle hommes/femmes (69% des hommes disent être satisfaits de leur vie au travail contre 68% des femmes – des niveaux très proches). De même, les écarts hommes/femmes sont aujourd’hui relativement faibles voire inexistants en ce qui concerne leur satisfaction sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle (72% pour les hommes et les femmes), l’adéquation entre la rémunération et le travail fourni (41% pour les femmes, -6 points par rapport aux hommes) ou encore en ce qui concerne les perspectives d’évolution professionnelle (44%, -4 points par rapport aux hommes).

En 2015, les ambitions professionnelles des hommes et surtout des femmes se dégradent de plus en plus avec les effets de la crise économique

Ce phénomène de nivellement des ambitions professionnelles des hommes et des femmes est bien entendu essentiellement dû à la crise économique. Entre 2014 et 2015, le potentiel de revendication des salariés mesuré par l’enquête Elle Active a véritablement fondu. Chez les femmes d’abord, notamment en ce qui concerne leur capacité à demander plus de moyens humains et techniques (52%, -10 points par rapport à 2014), des aménagements dans l’organisation du travail (54%, -6 points), des évolutions d’attributions (47%, -11 points), une augmentation de salaire (40%, -17 points) ou encore une promotion hiérarchique (38%, -11 points).

Cette très forte érosion des ambitions se retrouve aussi chez les hommes notamment en ce qui concerne leur capacité à demander une augmentation de salaire (47%, -17 points), une promotion hiérarchique (45%, -10 points). Il n’y a qu’un seul sujet sur lequel les hommes « ne lâchent pas » par rapport à 2014, c’est les aménagements dans l’organisation de leur travail (53% comme en 2014) : probablement la seule chose qui puisse encore être négociée.

Que l’on ne s’y trompe donc pas, ces résultats ne doivent pas être perçus comme un signe encourageant, loin s’en faut. Ils montrent simplement que bon nombre de femmes (tout comme des hommes d’ailleurs) ont abandonné « la lutte » car elles savent que leur employeur est aujourd’hui dans l’incapacité de leur accorder de meilleurs salaires et des évolutions de leurs attributions.

Il est probable que ces mouvements de convergence des aspirations professionnelles des hommes et des femmes (vers le bas), nourrissent en partie le sentiment chez certains que le féminisme serait aujourd’hui en net repli, voire mourant. Pour les tenants de cette idée, nous aurions atteint une sorte de statuquo, les femmes auraient désormais obtenu un certain équilibre entre leurs revendications professionnelles et leurs aspirations de « femmes ». Elles n’en demanderaient pas plus. Les résultats de l’enquête Elle Active 2015 viennent tordre en grande partie le cou à  cette idée.

LA MATERNITE, UN FACTEUR DE MALAISE ET DE MAL-ETRE PROFESSIONNEL POUR LES FEMMES QUI TRAVAILLENT

Comme nous allons le voir, le phénomène mis en lumière par l’enquête Ipsos / Elle Active est très insidieux car il est en partie masqué par des évolutions dont on devrait a priori se féliciter. On a déjà vu qu’en termes d’ambitions professionnelles, les deux sexes se rapprochent. Par ailleurs, bon nombre de femmes vivant en couple ne remettent pas en doute la capacité de leur conjoint à les pousser à avoir de l’ambition professionnelle (66% mais seulement 62% pour les mères), voire de partager suffisamment avec elles les tâches domestiques pour leur permettre d’avoir les moyens de leurs ambitions professionnelles (71% et seulement 66% des mères). Il convient de préciser que ce n’est pas parce que les femmes estiment que les hommes partagent « suffisamment » les tâches domestiques, qu’ils en font autant qu’elles. Disons qu’elles se contentent de ce qu’ils font.

Une femme sur deux est angoissée par la gestion des situations imprévues au sein du foyer

Là où les choses changent radicalement, c’est avec la maternité et l’organisation au quotidien qui en découle parce que beaucoup de femmes assument tout et ce, dans une très grande solitude. Lorsque l’on demande aux salariés parents d’enfants de moins de 15 ans quels sentiments ils ressentent lorsque surviennent des situations qui viennent perturber leur organisation quotidienne comme des problèmes de garde ou d’enfant malade, près d’une femme sur deux dit être angoissée et se demandent comment elles vont trouver une solution (48% des mères contre seulement 32% des pères).

Activités extra-scolaires, garde d’enfants malades, vacances, gestion des urgences à l’école, devoirs scolaires : la grande majorité des femmes organisent tout… toutes seules !

Lorsqu’il s’agit de trouver des « solutions » aux problèmes d’organisation, la grande majorité des femmes actives affirment ne pas compter sur leur conjoint : que ce soit pour trouver quelqu’un pour s’occuper d’un enfant malade (64% disent le faire elles-mêmes, seulement 7% citent leur conjoint et 29% disent « autant l’un que l’autre »), organiser la prise en charge des petites têtes blondes pendant les vacances (62% disent que c’est elles), trouver quelqu’un lorsque les enfants sèchent sur leurs devoirs (62% des femmes disent qu’elles le font seules et seulement 32% disent « autant l’un que l’autre ») ou encore pour trouver quelqu’un pour aller les chercher à l’école lorsqu’ils sont malades (60%). De leur côté, les hommes estiment que les choses sont plus partagées même s’ils sont toutefois un peu plus nombreux à avouer que ce sont leur femme qui s’occupent de trouver des solutions. On observe le même phénomène dans les enquêtes réalisées sur la répartition des tâches ménagères : la grande majorité des hommes en font « plus » qu’avant et en déduisent le plus souvent qu’ils en font « autant ».

Presqu’une mère sur deux dit ne pas pouvoir compter sur son conjoint en cas de besoin urgent

Certes, on peut toujours voir le verre à moitié plein. Il n’en demeure pas moins vrai que 45% des mères actives disent ne pas pouvoir compter sur leur conjoint dans la majorité des cas lorsque survient un problème imprévisible avec un enfant (contre 55% qui disent le contraire). C’est encore moins le cas des femmes cadres supérieurs (seulement 51% avouent pouvoir compter sur leur conjoint). Par ailleurs, les solidarités intergénérationnelles fonctionnent mais seulement en partie. Un peu moins d’une femme sur deux dit pouvoir compter sur sa mère (46%). Après, il n’y a plus grand monde à qui elles ont le sentiment de pouvoir demander du soutien, que ce soit la belle-mère (seulement 30% des mamans peuvent compter sur son aide), son propre père (29%) ou encore des structures collectives (25%).

Du côté des hommes, les choses sont assez claires : plus des deux tiers affirment pouvoir compter sur leur femme (71%). Chez eux aussi, on note une plus grande facilité à trouver de l’aide auprès de leur belle famille et notamment auprès de leur belle-mère (39% contre 35% pour leur propre mère) et de leur beau-père (25% contre 22 pour leur propre père).

Les femmes ont beaucoup plus de difficultés pour demander de l’aide que les hommes : la crainte d’être une « mauvaise mère » est très forte

Surtout, les femmes rencontrent de véritables difficultés pour oser demander de l’aide. Certes, la plupart d’entre elles n’ont pas de blocages pour en demander à leur conjoint (85%), encore faut-il garder à l’esprit que presqu’une femme sur deux ne peut pas compter dessus (45%, déjà mentionné). La mère reste aussi un soutien que la plupart des femmes n’ont pas de mal à actionner (76%). En revanche, en ce qui concerne les autres acteurs, les femmes semblent éprouver beaucoup plus de mal à les appeler à l’aide. Beaucoup avouent qu’il leur est difficile de le demander à leur beau-père (51%), leur belle-mère (42%) ou encore à leur père (39%). Près d’une femme sur sept avoue avoir aussi du mal à demander à son conjoint de lui venir en aide (15%). Ces chiffres illustrent bien à quel point de nombreuses femmes continuent de considérer à quel point demander, c’est montrer aux autres et à soi-même que l’on n’est pas une très bonne mère.

D’ailleurs, près d’une femme sur deux avoue qu’il lui arrive de se dire qu’elle n’est pas une très bonne mère puisqu’elle a besoin de l’aide des autres pour réussir à s’occuper de ses enfants (48%), un sentiment que les hommes éprouvent logiquement moins fréquemment (seulement 39%). Nul doute que là encore, c’est la crainte de l’image qu’elles renvoient qui fait qu’elles ont plus de mal à appeler à l’aide la plupart des acteurs qui pourraient le faire et notamment leur belle famille.

A la grande différence des femmes, les hommes ont beaucoup moins de mal à demander de l’aide à leur entourage lorsqu’ils en ont besoin, et notamment à leur conjoint (92%, +7 points par rapport aux femmes) mais aussi à la famille de leur conjoint : leur belle-mère (71%, +13 points par rapport aux femmes) et leur beau-père (57%, +8 points par rapport aux femmes). Ils ont aussi moins de mal que les femmes à demander à leurs voisins de leur donner un coup de main (45%, +11 points). Ils sont un peu plus « frileux » pour appeler leur maman à  l’aide (seulement 72%, -4 points par rapport aux femmes).

Ce sont donc logiquement les femmes elles-mêmes qui le plus souvent vont assumer ces tâches, voire leurs proches mais rarement le conjoint

La conséquence logique et naturelle de l’incapacité des femmes à demander de l’aide ou à imposer à leur conjoint de les soutenir, c’est que ce sont elles qui vont le plus souvent assumer ces tâches quitte à poser une journée de congés ou à adapter leurs horaires de travail. C’est le cas notamment lorsqu’il faut trouver quelqu’un pour aider l’enfant qui n’arrive pas à faire ses devoirs (62% disent que c’est elles qui le font, 16% que c’est un proche, 16% que c’est le conjoint), lorsqu’il faut rester pour s’occuper de l’enfant malade (55% disent qu’elles le font, 28% que c’est un proche et seulement 13% que c’est leur conjoint) ou encore lorsqu’il s’agit d’aller le chercher en urgence à l’école parce qu’il est malade (52% des femmes disent que ce sont elles qui le font, 28% que ce sont des proches et 17% seulement citent leur conjoint). Pour aider les femmes, les conjoints arrivent presque systématiquement derrière les proches.

Là encore, de leur côté, beaucoup d’hommes ont le sentiment d’être celui qui assume le plus souvent ces tâches, notamment pour les devoirs des enfants (40% disent que c’est eux qui s’y collent contre 37% qui avouent que c’est leur conjoint). Les hommes semblent aussi « sur-déclarer » leur implication en ce qui concerne les activités extra-scolaires (35% contre 33% qui citent leur conjoint) ou encore les maladies des enfants.

DES IMPACTS TRES FORTS SUR LE BIEN-ETRE ET LA VIE PROFESSIONNELLE DES FEMMES

Des conséquences multiples sur leur vie professionnelle…

La gestion de ces problèmes a aujourd’hui des répercussions très fortes sur l’ensemble des différents aspects de leur vie. Globalement, la grande majorité d’entre elles avoue que les impacts sont aujourd’hui importants sur leur niveau de stress (61% contre seulement 46% pour les hommes).

Surtout, les conséquences sur leur vie au travail sont aussi très importantes. De très nombreuses femmes avoue que la gestion de ces problèmes ont de réels impacts sur leur niveau de bien-être professionnel (49%, +11 points par rapport aux hommes), leur efficacité dans le travail (41%, +5 points par rapport aux hommes), leur ambition professionnelle (41%, +8 points), leur progression (40%, +9 points) et dans une moindre mesure leurs relations avec leurs supérieurs hiérarchiques (34%, +7 points).

Les femmes sont adonc aujourd’hui les victimes d’une « double peine ». Elles se retrouvent doublement limitées dans leurs ambitions : d’une part par le contexte économique qui les empêche de progresser en termes de salaire et de carrière, de l’autre par leur maternité et l’organisation au sein du foyer qui viennent objectivement saper leur bien-être professionnel et leur volonté même de gagner en responsabilité.

…et sur l’ambition au féminin : près d’une femme sur quatre a déjà refusé une promotion en raison des problèmes d’organisation et de garde d’enfants rencontrés

Ipsos et Elle Active explorent depuis un certain nombre d’années les différents obstacles et freins à l’ambition des femmes dans le travail. Année après année, le dispositif d’enquête mis en place a pu montrer à quel point certains phénomènes comme l’éducation reçue par leurs parents, les injonctions contradictoires qu’elles reçoivent ou encore leur moindre capacité à demander ce qui leur est dû, jouent contre elles. Il semble aujourd’hui évident que la maternité engendre une très forte solitude dans l’organisation de la vie des enfants qui a elle-même un très fort impact sur leur carrière professionnelle. Les femmes n’osent pas demander de l’aide parce qu’elles craignent pour leur image.

Logiquement, ces problèmes d’organisation les poussent pour beaucoup à se restreindre en termes d’ambition professionnelle et ce, encore une fois, beaucoup plus que les hommes : elles sont ainsi véritablement plus nombreuses que la gent masculine à dire que les problèmes d’organisation et de garde d’enfants les amènent à ne pas chercher de nouvelles responsabilités (38% contre 19% des hommes), à ne pas chercher à aller dans certaines entreprises (38%, +18 points par rapport aux hommes). Près d’un quart d’entre elles s’interdit pour ces raisons de mettre en valeur leurs qualités professionnelles (23%) et 19% ont même déjà refusé une promotion.

SI LES PROBLEMES NE VIENNENT PAS EN MAJORITE DE L’ENTREPRISE, C’EST POURTANT ELLE QUI PEUT PROPOSER DES SOLUTIONS

Les femmes ne font pas porter la responsabilité de leur situation à leur employeur

Les résultats de l’enquête montre que les femmes sont globalement aussi satisfaites que les hommes de leur vie professionnelle et notamment de leur équilibre vie privée/vie professionnelle, de leur rythme de travail ou encore de leur épanouissement professionnel. D’ailleurs, la grande majorité des femmes affirment que leur employeur se montre plutôt compréhensif lorsqu’elles doivent gérer des problèmes de garde d’enfant (72% contre 28% qui déclarent toutefois que leur employeur est plutôt agacé).

Le souvenir de l’annonce de leur maternité à l’employeur et de leur retour de congés est aussi assez symptomatique de la situation plutôt positive au sein des entreprises françaises.

Ainsi, seule une minorité de femmes disent que leur supérieur hiérarchique a eu une réaction négative à l’annonce de leur état (17%), lors de leur départ en congés maternité (25%) ou à leur retour de congés (19%). La plupart du temps, ils ont une réaction positive ou indifférente.

Par ailleurs, il est rare qu’elles rencontrent des problèmes lors de leur retour de congés. Rares sont celles qui avouent avoir eu des difficultés avec leurs collègues (seulement 11%) ou de soucis d’intégration dans l’équipe (16%). Les problèmes relationnels avec le supérieur sont un peu plus fréquents, ils concernent logiquement plus d’une femme sur cinq (22%). En effet, elles doivent s’organiser différemment et souvent avec peu d’aide comme le montre l’enquête.

De la même façon, la maternité a des conséquences plus souvent négatives sur leur périmètre d’activité (22%), sur leurs responsabilités (24%), leur évolution professionnelle (31%) et leur salaire (26%). C’est en partie dû à l’employeur mais aussi aux femmes elles-mêmes qui nous disent limiter leurs ambitions sur ces sujets en raison des problèmes d’organisation qu’elles rencontrent.

D’ailleurs, la grande majorité des femmes estime que tout compte fait leur retour en entreprise s’est bien déroulé (83%). Il n’en demeure pas moins vrai que seulement une femme sur quatre considère que les choses se sont « très bien passées » (24%) et que 17% estiment même au contraire que cela s’est mal passé.

La solution est en partie dans les mains de l’entreprise notamment pour faire changer les comportements des hommes

Il est indéniable que les résultats de l’enquête Ipsos / Elle Active montrent à quel point les femmes se montrent aujourd’hui insuffisamment capables d’appeler à l’aide les soutiens dont elles pourraient disposer et surtout n’exigent pas de leur conjoint qu’il s’investisse plus, voire « beaucoup » plus dans l’organisation de la vie du foyer.

Si un certain nombre d’entreprises semblent avoir compris qu’elles détiennent une part de la solution, la grande majorité des salariés français considère toutefois que leur employeur ne propose pas de mesure permettant d’aider les salariés parents d’enfants à mieux concilier leur vie professionnelle avec leur vie personnelle (56%), un constat partagé par la majorité des hommes (56%) et des femmes (55%). Mis à part les jours enfants-malades dont une courte majorité de salariés dit aujourd’hui pouvoir bénéficier (51%), les autres dispositifs existants sont assez peu mis en place dans les entreprises : les aménagements de travail et d’horaires en cas de besoin (40% des salariés ayant des enfants disent qu’ils peuvent en bénéficier), des aides financières pour les gardes d’enfant (14%). Surtout, les dispositifs d’organisation, relativement simples à mettre en place, ne sont pas utilisés : la possibilité de faire du télétravail (cité par seulement 13%) ou encore l’interdiction de faire des réunions tard le soir ou tôt le matin (12%).

Fiche technique :
Enquête réalisée pour le Forum ELLE Active, menée sur Internet du 25 février  au 2 mars 2015, auprès de 2003 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française active.

 

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Contact : Isabelle DELCROIX NAULAIS, tel 06 86 66 71 24 ou 03 62 23 51 04

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Le billet d’humeur de LIDUP

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Le thème abordé ? L’impact du langage sur notre vision du monde et sur les stéréotypes !

 

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