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LIDUP rencontre Pascale BOISTARD, Secrétaire d’État aux Droit des femmes, lors de la journée Pioday2015

La Fédération Pionnières organisait ce mardi 16 juin la journée PIODAY – #PIODAY2015 qui a rassemblé un grand nombre de Pionnières venues des quatre coins de la France et d’ailleurs.

Entre Meet Up Réseau – Petit déjeuner avec Pascale Boistard, secrétaire d’État aux Droits des femmes – Conférences sur le thème « Tordre le cou aux idées reçues sur l’Entrepreneuriat féminin » et ateliers Workshops, notre journée fût riche.

Voici un petit pêle-mêle photo résumant ce beau rassemblement.

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Isabelle DELCROIX NAULAIS a participé au petit déjeuner avec la Secrétaire d’État Pascale Boistard, où elle a pu échanger avec elle sur les activités de LIDUP.

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Rassemblement des Pionnières et des partenaires de la journée.

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Prise de parole de Pascale Boistard lors de la conférence.

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Atelier : L’impact de l’image de l’entrepreneur sur sa communication

LES STÉRÉOTYPES FH DANS L’ENTREPRISE – Second atelier du CLUB LIDUP

Découvrez les photos du second atelier du CLUB LIDUP
le mardi 2 juin 2015 au CEPI MANAGEMENT.

Le thème de cet atelier : Les stéréotypes femmes – hommes dans l’entreprise.

L’intervenant : PATRICK SCHARNITZKY

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Prochain rendez-vous le 29 septembre 2015
Le portage d’une politique de diversité en entreprise comme processus de changement : enjeux stratégiques et dynamiques
socio-organisationnelles

 Si vous souhaitez y participer n’hésitez pas à contacter LIDUP
contact@lidup.eu

Emma Watson discours à l’ONU pour HeForShe le 20/09/2105 à New York.

Traduction du discours :

« Aujourd’hui, nous lançons une campagne intitulée « HeForShe » (« Lui pour elle »)

Je vous tends la main parce que j’ai besoin de votre aide. Nous voulons mettre fin aux inégalités entre les sexes et pour cela nous avons besoin de la participation de tout le monde.

Il s’agit de la première campagne du genre à l’ONU : nous voulons essayer de galvaniser autant d’hommes et de garçons que possible pour qu’ils soient les défenseurs de l’égalité des sexes. Et nous ne voulons pas seulement en parler, mais obtenir des résultats.

J’ai été nommée il y a six mois et plus je parle de féminisme, plus je me rends compte que la lutte pour les droits des femmes passe trop souvent pour un synonyme de haine des hommes. S’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que cela doit cesser.

Pour la petite histoire, le féminisme, par définition, est « La croyance que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes droits et chances. C’est la théorie de l’égalité politique, économique et sociale des sexes ».

J’ai commencé à remettre en question les préjugés fondés sur le sexe quand à 8 ans, je ne comprenais pas d’être appelé « bossy » (« autoritaire ») parce que je voulais diriger les pièces que nous mettions en scène pour nos parents, alors que ce n’était pas le cas des garçons.

Quand à 14 ans j’ai commencé à être sexualisée par certains titres de presse.

Quand à 15 ans mes amies ont commencé à quitter leurs équipes sportives parce qu’elles ne voulaient pas paraître « musclées ».

Quand à 18 ans mes amis de sexe masculin étaient incapables d’exprimer leurs sentiments.

J’ai décidé que j’étais féministe et cela ne me semblait pas compliqué. Mais ce que j’ai vu récemment m’a montré que le féminisme est devenu un mot impopulaire.

Apparemment, je fais partie de ces femmes dont les expressions sont considérées comme trop fortes, trop agressives, excluantes, anti-hommes et désagréables.

Pourquoi le mot met-il si mal à l’aise?

Je suis originaire de Grande-Bretagne et je pense qu’il est juste, en tant que femme, d’être payée comme mes homologues masculins. Je pense qu’il est juste de pouvoir prendre des décisions au sujet de mon propre corps. Je pense qu’il est juste que les femmes participent en mon nom à la politique et aux prises de décision de mon pays. Je pense qu’il est juste que socialement je bénéficie du même respect que les hommes. Mais malheureusement, je peux dire qu’il n’y a pas un pays au monde où toutes les femmes peuvent espérer bénéficier de ces droits.

Aucun pays au monde ne peut encore dire qu’il a atteint l’égalité des sexes.

Ces droits, je les considère comme des droits humains, et je sais que je suis chanceuse. Je suis une grande privilégiée, car mes parents ne m’ont pas moins aimée parce que je suis née fille. Mon école ne m’a pas limitée parce que j’étais une fille. Mes mentors n’ont pas estimé que j’irais moins loin parce que je pourrais donner naissance à un enfant un jour. Ces influenceurs sont les ambassadeurs de l’égalité des sexes qui ont fait ce que je suis aujourd’hui. Ils ne le savent peut-être pas, mais ils sont des féministes naturels, qui changent le monde aujourd’hui. Et nous avons besoin de plus de personnes comme cela. Et si vous détestez toujours le mot, dites-vous que ce n’est pas le mot qui est important, mais l’idée et l’ambition derrière lui. Parce que toutes les femmes n’ont pas les mêmes droits que moi. En fait, statistiquement, très peu les ont.

En 1995, Hilary Clinton a prononcé un discours célèbre à Pékin sur les droits des femmes. Malheureusement beaucoup de choses qu’elle voulait changer sont encore une réalité aujourd’hui.

Mais ce que je remarque le plus, c’est que moins de 30 % de son auditoire étaient des hommes. Comment pouvons-nous changer les choses dans le monde si seulement la moitié de celui-ci est invité ou se sent autorisé à participer à la conversation ?

Messieurs – je voudrais saisir cette occasion pour vous envoyer une invitation officielle. L’égalité des sexes vous concerne aussi.

Car je constate que le rôle de mon père en tant que parent est moins valorisé par la société, bien que j’aie besoin de sa présence autant que de celle de ma mère. Je vois des jeunes hommes souffrir de problèmes psychologiques et qui ne demandent pas d’aide, par crainte d’avoir l’air moins ‘mâles’ – c’est un fait, le suicide au Royaume-Uni est la principale cause de décès des hommes entre 20 et 49 ans, devant les accidents de la route, le cancer et les maladies coronariennes. Je vois des hommes fragilisés et insécurisés par la vision trompeuse de ce qui constitue le succès masculin. Les hommes subissent aussi le déficit d’égalité.

Nous ne parlons pas souvent du fait que les hommes sont emprisonnés dans des stéréotypes de genre, mais je peux voir que c’est le cas, et s’ils en sont libérés les choses changeront naturellement pour les femmes.

Si les hommes ne se sentent pas obligés d’être agressifs, les femmes n’auront pas à se sentir soumises. Si les hommes n’ont pas à contrôler, les femmes n’auront pas à être contrôlées.

Les hommes et les femmes doivent se sentir libres d’être sensibles. Les hommes et les femmes doivent se sentir libres d’être forts … Il est temps que nous percevions le genre sur un spectre, et non pas comme une opposition d’idéaux.

Si nous cessons de nous définir par ce que nous ne sommes pas et commençons à nous définir par ce que nous sommes, nous serons tous plus libres – et c’est là le sens de la campagne HeForShe. Il s’agit de liberté.

Je veux que les hommes prennent leurs responsabilités. Afin que leurs filles, sœurs et mères puissent être libres de tout préjugé, mais aussi pour que leurs fils aient le droit d’être vulnérables et humains aussi, retrouvent cette partie d’eux-mêmes qu’ils ont abandonnée et, ce faisant, puissent être eux-mêmes… dans une version plus vraie et complète.

Vous vous dites peut-être : mais qui est cette fille de Harry Potter ? Et que fait-elle à la tribune de l’ONU ? C’est une bonne question et croyez-moi, je me la suis posée. Je ne sais pas si je suis qualifiée pour être ici. Tout ce que je sais, c’est que je me sens concernée par cette question. Et je veux des progrès.

Et pour avoir vu ce que j’ai vu – et connaissant ma chance – je pense qu’il est de mon devoir de m’exprimer. L’homme d’État anglais Edmund Burke a dit: « Les forces du mal n’ont besoin que d’une chose pour triompher : que suffisamment de femmes et d’hommes de bien n’agissent pas. »

Dans mon état de nervosité pour écrire ce discours et dans mes moments de doute, je me suis dit fermement : si je ne le fais pas, qui ? Et si je ne le fais pas maintenant, quand ? Si vous avez des doutes similaires lorsque des occasions se présentent à vous, j’espère que mes mots pourront vous être utiles.

Parce que la réalité est que si nous ne faisons rien, il faudra 75 ans – je serai presque centenaire – avant que les femmes soient payées autant que les hommes pour le même travail. Dans les 16 prochaines années 15,5 millions de filles seront mariées avant l’âge adulte. Et au rythme actuel, ce n’est pas avant 2086 que toutes les filles des régions rurales d’Afrique seront en mesure de recevoir une éducation secondaire.

Si vous croyez en l’égalité, vous pouvez être l’un de ces féministes naturels dont j’ai parlé tout à l’heure.

Et pour cela, je vous félicite.

Nous luttons pour un monde plus uni, et la bonne nouvelle est que nous avons un mouvement d’union. Il s’appelle HeForShe. Je vous invite à aller de l’avant, de vous exprimer, d’être ‘lui pour elle’. Et de vous demander : si je ne le fais pas, qui ? Et si je ne le fais pas maintenant, quand ?

Je vous remercie. »

 

Résumé du notre journée du 19 mai 2015 : Colloque Femmes Citoyennes – au SÉNAT

Femmes citoyennes:
70ème anniversaire du premier vote des femmes

Ce mardi 19 mai, l’équipe LIDUP s’est rendue au SÉNAT pour assister au colloque Femmes citoyennes à l’occasion du 70éme anniversaire du premier  vote des femmes en France.

Reportage sur le colloque « Femmes citoyennes »

Le sujet vous intéresse ? Voici le colloque en détail :

Ouverture

par Gérard LARCHER, président du Sénat, et introduction par Chantal JOUANNO, présidente de la délégation aux droits des femmes

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28550.html

 

Première table ronde :
L’engagement des femmes en politique ; l’accès aux mandats et aux responsabilités : une course d’obstacles

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28551.html

Sénateur(s) : COHEN Laurence, JOUANNO Chantal, MONIER Marie-Pierre, PEROL-DUMONT Marie-Françoise

Autres intervenant(s) : BACHELOT-NARQUIN Roselyne (Chroniqueuse-éditorialiste, ancienne ministre, auteure de La petite fille de la Vème ), GERMAIN Jean-Marc (Député des Hauts-de-Seine (groupe socialiste, républicain et citoyen) ), PUISSAT Frédérique (Maire de Château-Bernard (groupe UMP Divers droite), vice-présidente de la communauté de communes du Trieves, première vice-présidente de l’assemblée départementale de l’Isèreutée honoraire), TARALL Bornia (Conseillère municipale de Strasbourg (groupe UMP-UDI), conseillère eurométropolitaine de Strasbourg, présidente des Marianne de la Diversité)

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Deuxième table ronde :

L’ordonnance d’avril 1944 et le vote des femmes

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28552.html

Intervenant(s) : BARD Christine (Historienne, professeure des universités (Université d’Angers) : « Une histoire du suffragisme »), BOUGLÉ-MOALIC Anne-Sarah (Historienne, (prix spécial de l’Assemblée nationale en 2011 pour sa thèse Le vote des Françaises. Cent ans de débats, 1848-1944) : « Vers l’ordonnance de 1944 : cent ans de débats sur le vote des femmes »), ROUDY Yvette (Ministre des droits des femmes de mai 1981 à mars 1986 ), SÉNAC Réjane (Chargée de recherche CNRS au CEVIPOF, présidente de la commission Parité du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes), SINEAU Mariette (Directrice de recherche CNRS au CEVIPOF : « Les Françaises aux urnes, 1945-2015 »)

 

Troisième table ronde :

L’organisation personnelle des femmes politiques : mais comment font elles ?

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28553.html

Sénateur(s) : BILLON Annick, CUKIERMAN Cécile, LÉTARD Valérie, PLACÉ Jean-Vincent

Intervenant(s) : BOUSQUET Danielle (Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes), MASSENET Béatrice (Journaliste, auteure de Et qui gardera les enfants ? La vie privée des femmes politiques (2011)), OLLÉON Laurent (Conseiller d’État ), ROMAGNAN Barbara (Députée du Doubs (groupe socialiste, républicain et citoyen), docteure en sciences politiques, auteure de Du sexe en politique (2005))

 

Clôture de colloque

Par BOISTARD Pascale (Secrétaire d’État auprès de la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, chargée des droits des femmes)

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28554.html

Synthèse du 21 avril au 20 mai 2015

 Actualité du Service des droits des femmes et de l’égalité de la Direction générale de la cohésion sociale.

Sommaire de la synthèse

Action institutionnelle
Projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi
Les mesures du CIEC en matière d’égalité femmes-hommes
La France a célébré le soixante-dixième anniversaire du premier vote des femmes
Pascale Boistard au Global Summit of Women 2015
Dialogue franco-chinois sur les droits des femmes
« L’autre pilule, un combat pour les femmes »
Comités de sélection des concours de recrutement des professeurs des universités
Lutte contre les violences faites aux femmes
Des militaires français en Centrafrique accusés de violences sexuelles
Education : laïcité et structures privées accueillant des mineurs

Égalité, non discrimination, féminisme
L’inégale répartition des tâches au sein des couples crée des tensions
Un débat du MAGE sur le genre et la ville
Les Femen perturbent le 1er mai du front national
Deuxième anniversaire de la loi ouvrant le mariage aux couples du même sexe

Égalité dans la vie professionnelle
Égalité professionnelle : les associations féministes veillent au grain
Julien Bayou demande la publication de la liste des entreprises sanctionnées
Le 1er Mai, les femmes réclament l’égalité, pas du muguet !
Pascaline Dupas, meilleure économiste 2015
Féminisation de l’audiovisuel public
« Le genre du mal-être au travail »
« Les ouvrières en lutte, quand le genre trouble la classe »
L’Espagne adopte un Plan d’appui à la famille 2015-2017
Parité et vie politique
« Les femmes en politique : une évidence, vraiment ? »
Anniversaire du droit de vote des femmes
Le manifeste des femmes journalistes en politique
La féminisation en trompe-l’œil de l’UMP
Égalité dans la vie personnelle et sociale
Septième édition de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA
Une enquête du Planning familial 75 dénonce les difficultés d’accès à l’IVG à Paris
« La PMA, c’est pour quand ? »
Colloque international « Genre et santé »
Les femmes dans l’UE ont donné naissance à leur premier enfant à 29 ans en moyenne
Lutte contre les violences
Abolition du système prostitutionnel : retour du texte à l’Assemblée nationale
Quand des femmes marchent pour lutter contre l’insécurité
La DREES se penche sur la structure de la capacité d’hébergement en 2012
Des associations dénoncent l’inertie de l’université face au harcèlement sexuel
L’armée française face aux accusations de viols
Culture, communication
« En littérature, le droit d’auteure bafoué »
« Cannes : et les femmes dans tout ce cinéma ? »

 

Pour voir la synthèse complète : ICI

LIDUP apporte son expertise aux débats citoyens !

EXTRAIT DE L’ARTICLE « Il faut se donner le temps de la rencontre »
publié le 12 mai 2015 dans Le Nord Citoyen.

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Le 11 mai à Roubaix, un Forum de lancement donnait le coup d’envoi des Ateliers citoyens départementaux consacrés à la lutte contre les discriminations et à la promotion de l’égalité.

Environ 140 Nordistes ont participé à ce premier travail en commun qui permettra d’affiner les thèmes des trois Ateliers citoyens qui auront lieu entre le 26 mai et le 2 juin.

Isabelle Delcroix-Naulais, fondatrice de Lidup, agence de conseil et de formation en égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ne dit pas autre chose :

“Les hommes ne sont pas faits pour s’occuper des enfants.” Aucune étude sérieuse ne permet de le penser. Mais le résultat est là : à 80%, ce sont les femmes qui sont chargées exclusivement de prendre soin des enfants. »

« Je pense qu’il faut sortir du champ de la culpabilité, arrêter de se poser en victime. Ce que je propose, c’est de sortir des modèles établis par le jeu. Il faut “dé-jouer” les stéréotypes ! »

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Pour voir l’article complet, c’est ICI

Synthèse du 29 mars au 20 avril 2015

 Actualité du Service des droits des femmes et de l’égalité de la Direction générale de la cohésion sociale.

Sommaire de la synthèse

Action institutionnelle
Système de santé : des avancées importantes pour les droits des femmes
Le gouvernement s’engage pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports
Conseils départementaux : la présence des femmes progresse, mais du chemin reste à faire
Marisol Touraine rappelle l’importance de protéger les personnes prostituées
Application de la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle
Feuille de route pour l’égalité de l’Education nationale
Le plafond de verre dans les ministères
Femmes citoyennes d’hier et d’aujourd’hui.
Des femmes engagées au service de la défense de notre pays
Activité de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale en 2014,
Déchéance de leur bail des locataires sociaux auteurs de violence conjugale

Hommage
Disparition de Michèle Manceaux

Dans les territoires
La région Lorraine devient territoire d’excellence en matière d’égalité professionnelle
Midi-Pyrénées : un dispositif pour renforcer l’entrepreneuriat des femmes
Alsace : les parcours vers l’égalité
Haute-Saône : égalité professionnelle dans l’industrie
Haut-Rhin : hommage à une Résistante alsacienne oubliée

Égalité, non discrimination, féminisme
L’égalité sous conditions. Genre, parité, diversité
Une réflexion sur l’utilité de la notion de vulnérabilité pour le féminisme
Et si les sorcières renaissaient de leurs cendres ?
Lancement de l’affiche « déclaration des droits humains »
Pas de répit contre les publicités sexistes !
Lancement officiel de la Campagne #HeForShe en France
Chine : menace sur les féministes
Tunisie : femmes, le maillon fort

Égalitédans la vie professionnelle
Pas de parité dans les instances sans actions de sensibilisation
Un portrait de la seule femme gendarme du PGHM de Chamonix
A l’université, les femmes tenues à l’écart des responsabilités
« Hommes, femmes : modes d’emploi »
L’égalité femmes-hommes : un enjeu pour les syndicats du monde de l’éducation
Une enquête sur les femmes de plus de 45 ans dans le monde de l’entreprise

Parité et vie politique
L’UMP nouvelle formule se convertit à la parité
Election des président-e-s des conseils départementaux
Hillary Clinton, candidate du Parti démocrate pour les présidentielles étasuniennes

Egalité dans la vie personnelle et sociale
IVG : vers la suppression du délai de réflexion de sept jours
Pour le Planning Familial : « La loi de santé : des avancées…à concrétiser ! »
L’offre d’accueil collectif des enfants de moins de trois ans en 2012
Béatrice Barbusse nommée à la tête du Centre national pour le développement du sport
Promotion du cyclisme féminin par la Fédération Française de Cyclisme
Femmes à cheval
Anniversaire du mariage pour tou-te-s

Lutte contre les violences
Lutte contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun
Prostitution : volée de bois vert contre le vote du Sénat
Cybersexisme : une campagne d’information décalée cible les jeunes
Journée dédiée à la problématique des violences au sein du couple
Droit d’être soignées et protégées pour toutes les victimes de violences sexuelles !
« Tu la sens bien profond ma liberté expression »
Un an après… 200 jeunes lycéennes toujours prisonnières de Boko Haram

Culture, communication
La tournée nationale de Blandine Métayer sur l’égalité professionnelle continue
« Entre femmes. 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées »
Thésarde et avocate au crible de la bande dessinée
« Le mâle entendu »
Le patriarcat gravé dans le marbre du Taj Mahal

ICI : La synthèse complète

29.04 – 70ans après, retour sur le droit de vote des femmes.

En France
« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes »
Ordonnance du 21 avril 1944, après débat à l’Assemblée constitutive d’Alger.

1945

  • 29 avril et 13 mai, les femmes votent pour la première fois aux élections municipales.
  • 21 octobre, premier vote national pour élire l’Assemblée constituante.

Une citoyenneté différée pour les Françaises, alors que de nombreux pays de l’Union européenne accordent le droit de vote aux femmes au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Obtention du droit de vote des femmes dans différents pays

Mais aussi : 1913 en Norvège, 1915 en Islande, 1918 au Canada et en Russie, 1919 aux USA, 1920 en Albanie, Autriche et Hongrie… 1994 pour les femmes noires en Afrique du Sud, dans les années 2000 dans les pays musulmans.

La Révolution française

Des femmes citoyennes au plan civil mais sans droit politique.
Une femme singulière en son temps : Olympe de Gouges et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Elle y réclame justice à son sexe et des droits civiques et politiques strictement égaux à ceux des hommes :

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« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également le droit de monter à la tribune » (article X)

Condamnée en 1793 et guillotinée, l’accusation de trahison portée contre elle vise son engagement hors du cadre assigné aux femmes :
« Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle commença par déraisonner et finit par adopter le projet des perfides qui voulaient diviser la France : elle voulut être homme d’Etat, et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe » (Feuille de salut public du 27 Brumaire an II)

Les femmes ne tirent aucune reconnaissance de leur participation massive aux journées révolutionnaires… Bonaparte les rabaisse en mineures à vie (Code civil, 1801). L’histoire se répète : par trois fois entre 1789 et 1871, les femmes se portent au plus durs combats sans en tirer quelque reconnaissance quant à l’égalité des droits.

Priorité à la lutte contre l’exploitation des ouvrières

Flora Tristan (1803-1844), à l’avant-garde d’une internationale ouvrière ; pour elle l’émancipation des travailleurs est indissociable de celle des femmes.

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« L’homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même » (Des moyens de constituer la classe ouvrière)

 

1848- Un suffrage universel masculin

Les priorités pour les femmes sont celles du droit au travail, des droits civils et de l’éducation des filles.Jeanne Deroin (1805-1894), une pionnière du suffragisme.
Ouvrière lingère autodidacte devenue institutrice, aux idées socialistes utopistes, fondatrice du journal La politique des femmes devenu L’opinion des femmes. Elle est candidate aux élections législatives de 1849 :
« Je viens me présenter à vos suffrages par dévouement pour la consécration d’un grand principe, l’égalité civique et politique des deux sexes. […] Une assemblée législative uniquement composée d’hommes, est aussi incompétente pour faire les lois d’une société composée d’hommes et de femmes, que le serait une assemblée composée de privilégiés pour discuter des intérêts des travailleurs, ou une assemblée de capitalistes pour soutenir l’honneur du pays. »

Réaction de Pierre Proudhon (1809-1865) penseur du socialisme libertaire :
« Nous ne pouvons laisser passer sans protester énergiquement au nom de la morale publique et de la justice elle-même de semblables prétentions et de pareils principes. Il importe que le socialisme n’en accepte pas la solidarité […] Le ménage et la famille voilà le sanctuaire de la femme » (journal Le Peuple ,12 avril 1849).

Quelles priorités pour le mouvement féministe ?

La conquête du droit au travail et à l’éducation, des droits civils (divorce, famille…) est-elle ou non subordonnée à la conquête des droits politiques (droit de vote) ? De nombreux journaux de femmes, créés de 1871 à 1914 en débattent.

  • Le droit des femmes, fondé en 1869 avec Maria Deraismes
  • La citoyenne, d’Hubertine Auclert créé en 1881 ou La Fronde, de Marguerite Durand, en 1891.

Des femmes se présentent illégalement aux élections, organisent des pétitions et des actions de propagande.

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Hubertine Auclert fait de la résistance. En 1880, elle refuse de payer ses impôts et écrit au Préfet : « Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges, je ne vote pas, je ne paye pas ». Elle manifeste dans les mairies lors des mariages pour dénoncer l’infériorité sociale que le code civil établit et que le suffrage des femmes pourrait réformer. Elle crée la société Le suffrage des femmes qui organise des pétitions, des rassemblements et multiplie les actions.

De nouveaux groupes se créent dont l’Union française pour le suffrage des femmes-UFSF. Le mouvement gagne en légitimité.

1914 – Jaurès défend le droit de vote des femmes à la Chambre des députés :
« C’est l’humanité entière qui doit agir, penser, vivre et l’on a bien tort de redouter que le suffrage des femmes soit une puissance de réaction, quand c’est par leur passivité et leur servitude qu’elles pèsent sur le progrès humain »

La guerre brise cette dynamique..

Lenteurs parlementaires, obstruction du Sénat

La période de la guerre a montré les compétences des femmes et leur force. Le suffrage universel est voté de nombreuses fois à la Chambre des députés, en 1919, 1925, 1932, 1935. Mais, à chaque fois le Sénat joue l’inertie et repousse les projets de loi.
Louise Weiss et Cécile Brunschvicg poursuivent le combat mais le désintérêt gagne : « Les paysannes restaient bouche bée quand je leur parlais du vote. Les ouvrières riaient, les commerçantes haussaient les épaules, les bourgeoises me repoussaient horrifiées. » (Louise Weiss, Ce que femme veut)

Florilège contre le vote des femmes :

  • « Plus que pour manier le bulletin de vote, les mains des femmes sont faites pour être baisées… » (Sénat-1919).
  • « Les femmes étant encore plus livrées que les hommes aux forces émotives seront emportées encore plus massivement… » (Romain Rolland-1925)
  • « Nous sommes disposés à accorder aux femmes tout ce que leur sexe a le droit de demander en dehors de la politique… » (Sénat 1932)

1936– « Trois hirondelles ne font pas le printemps » dit Louise Weiss

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Elles n’ont pas le droit de voter, mais sont nommées sous secrétaires d’Etat par Léon Blum : Cécile Brunschvicg- présidente de l’UFSF- à l’éducation nationale, Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique, Suzanne Lacore à la santé publique.

1944– « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». (Ordonnance du Général De Gaulle du 21 avril 1944)

1945 – Assemblée constituante, trois femmes députées du Nord

  • Emilienne Galicier, résistante communiste, responsable de l’Union des Femmes Françaises, dans le Nord-Pas de Calais- Aisne et Ardennes, députée de 1945 à 1958.
  • Rachel Lempereur, institutrice et directrice d’école, militante syndicaliste et socialiste, résistante, députée de 1945 à 1958.
  • Madeleine Leo-Lagrange, une des premières femmes à exercer la profession d’avocat, participe auprès de son mari à la mise en place de la loi sur les congés payés en 1936.

Très peu de femmes députées (moins de 6% avant 1997), encore moins de femmes au gouvernement.

1974– Pour la première fois une femme devient Ministre, Simone Veil chargée de mener à bien la législation sur l’avortement.

70 ans de vote des femmes.

Elles ont d’abord été plus portées sur l’abstention et plus conservatrices que les hommes, puis leur vote s’est rapproché de celui des hommes au fil de l’évolution de leur statut social. Mieux éduquées, de plus en plus présentes dans le monde du travail ; après l’élan donné par le MLF dans la foulée de mai 68 et l’accès à la maîtrise de leur fécondité, les femmes s’abstiennent moins, votent plus volontiers à gauche et refusent l’extrême droite. Depuis 2012, les études et sondages semblent montrer qu’il n’y a plus de différences significatives entre les votes des femmes et des hommes.

Du droit de vote à la parité

1945-1981- Les femmes sont-elles réellement éligibles ? Les mandats sont dans les mains d’une classe politique masculine qui se renouvelle peu et qui capte tous les pouvoirs. Elles sont exclues de fait, des décisions politiques.

1982– la proposition qu’il n’y ait pas plus de 75% de personnes du même sexe sur toute liste électorale, adoptée par le Parlement est refusée par le Conseil Constitutionnel, au nom de l’universalisme républicain.

1989-1992-l’idée européenne de parité. Elle émerge au Conseil de l’Europe et est médiatisée au sommet européen d’Athènes Femmes et pouvoir.

Vifs débats parmi les intellectuel-le-s et les politiques. Des associations se créent, transversales aux engagements partisans des unes ou des autres, et se mobilisent pour une démocratie paritaire, où pouvoirs et responsabilités seraient partagés, de manière équilibrée, entre les femmes et les hommes.

1999-Première loi constitutionnelle : « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Les partis contribuent à la mise en oeuvre de ce principe dans les conditions déterminées par la loi ».
2008-le principe d’ « égal accès » est étendu aux responsabilités professionnelles ou sociales.

2013- Loi sur les modes d’élection dans les collectivités locales avec scrutin de liste et obligation de parité à toutes les communes de plus de 1 000 habitants. Parité garantie dans les départements.

2015- 16% de femmes maires, 7% de présidentes d’intercommunalités, 10% de présidentes de conseils départementaux, et dans chacune des deux Chambres, Assemblée nationale et Sénat, environ un quart des députés ou des sénateurs sont des femmes. Le plafond de verre résiste !

Faut-il de nouvelles lois contraignantes et/ou nouvelles pénalités ? Rien ne changera réellement tant que l’on n’aura pas déconstruit cette culture misogyne qui s’exprime toujours avec force et régularité dans le système social et politique et freine les femmes dans leur élan, allant du discrédit sur leurs paroles et de la mise en doute de leurs compétences, aux remarques sexistes et aux violences de toutes sortes…L’exigence de parité est un levier de cette lutte.

La révolution culturelle de la parité est en marche.

 

LE COMPLEXE DE LA BONNE ELEVE

Le complexe de la bonne élève

Un concept à la loupe

Elle a tout bon, depuis presque toujours. Première de la classe depuis le CP, diplômes avec mention, résultats remarquables au travail, elle est considérée à l’unanimité comme une personne bosseuse, redoutablement efficace, extradordinairement fiable. C’est une “perle“, une professionnelle “irréprochable“, une “femme brillante“.

Pourtant elle n’a pas la carrière qu’elle mérite, et cela dissonne avec le concert d’éloges qu’elle suscite. Elle-même ne se satisfait d’ailleurs pas des compliments seulement, faisant peut-être partie des 75% de femmes “bien dotées de par leur formation et leur profil professionnel” qui estiment ne pas être rémunérées à leur juste valeur (enquête PWN, 2013).

Il y a comme un hic dans ce hiatus entre la valeur reconnue de son travail et la récompense qu’elle en perçoit. Et si cette femme qui a “tout pour réussir sauf que…” était sujette au “complexe de la bonne élève“? Un syndrome paradoxal qui prend l’exigence d’excellence au piège d’une morale ambiguë du travail.

Le “Complexe de la bonne élève”, c’est le concept du discours sur le leadership féminin que le blog EVE passe ce mois-ci à la loupe.

Pour une brève histoire du “travail” scolaire

Pour cerner le “complexe de la bonne élève”, commençons par tenter une définition du “bon” ou de la “bonne” élève. Un objectif que s’est fixé, dans les années 1970, le didacticien Jean Repusseau, dans le prolongement de ses riches et nombreux travaux sur les voies et leviers de l’apprentissage.

Dans son ouvrage Bons et mauvais élèves – Le complexe de Möbius, Repusseau retrace l’histoire de ce qu’on pourrait appeler la “bonélèvitude”.

Où l’on apprend, d’emblée, que la performance scolaire est une valeur relativement récente, dans l’histoire. Post-révolutionnaire, en l’occurrence : du temps de l’Ancien Régime, ce qui faisait vertu chez les jeunes gens, c’était l’oisiveté ; et c’est la République qui, dans une préoccupation de donner réalité au principe d’égalité, via la culture du mérite, a inventé l’école où l’on travaille, pour s’élever.

Etre “bosseur” ou “bosseuse” à l’école, c’est donc dans les faits bien plus ambigu qu’il n’y parait dans la construction de notre imaginaire collectif de l’excellence, qui fait une place pas seulement glorieuse à l’ardeur à la tâche. Il suffit d’ailleurs, pour s’en convaincre, d’entendre quelques accents dépréciatifs dans le qualificatif “scolaire“, quand il se fait volontiers synonyme d’ “appliqué-e“, de “conformiste“, de “laborieux-se“, voire de “tâcheron-ne“…

Règles du jeu : officielles et officieuses

En effet, si les règles du jeu de la “bonne” éducation ont officiellement changé avec l’avènement de l’école pour tous (et plus tard, pour toutes aussi), celles qui donnaient prime à l’esprit musard sur la mentalité bûcheuse n’en ont pas pour autant été effacées.

C’est lapalissade, après les travaux de Bourdieu sur l’école, de dire que règles écrites et règles officieuses cohabitent, quand la compétence objectivable et les qualités méritoires entrent en concurrence avec des savoir-faire et savoir-être que l’institution scolaire n’enseigne pas.

Et nos esprits d’associer l’aisance qui n’a l’air de rien avec le brio, d’admirer la capacité à réussir sans trop (se faire) suer et de nourrir de la fascination pour le talent prétendu “inné” plutôt que pour la compétence “acquise” qui marque trop visiblement les repères et traits de coupe…

Ce qui est déjà vrai à l’école le sera aussi, et plus encore, dans le monde du travail.

Grammaire de l’école et grammaire du monde du travail

Sauf que l’école, même reproductrice de valeurs qu’elle ne professe pas officiellement, processe la progression des élèves avec un système relativement lisible : de bonnes notes, de bonnes appréciations, de bonnes moyennes, des “encouragements” ou “félicitations” et le passage en classe supérieure est assurée! Et quel conseil de classe ne serait pas soupçonné de bouffées délirantes s’il imposait le redoublement à celui ou celle qui a 14, 15 ou 16 de moyenne?

Pourtant, il arrive que l’ancien-ne “bon-ne élève“, n’ayant rien perdu de son sérieux, de son ardeur au travail et de sa capacité à acquérir de nouvelles compétences, stagne ensuite dans son parcours professionnel. Quitte à voir de moins précis-es, de moins zélé-es, et peut-être même de moins tangiblement qualifié-es, lui passer devant en petites foulées, au moment des promotions.

Alors quoi? La preuve faite cruelle évidence que le monde du travail serait injuste, qui promouvrait à “la tête du client” et piétinerait les valeurs du mérite? Ou bien une grammaire autre des attentes qui favorise des qualités méritoires aussi, mais différentes de celles que valorise l’école (le “faire savoir”, le “sens politique”, l’assertivitél’agilité empathique…), et surtout privilégie le potentiel sur l’acquis

“Bon élève” et “bon enfant”

Sinon quiproquo, il y a donc bien faille dans le processus de transformation du “bon-ne élève” en “bon-ne professionnel-le. Et il ne suffit pas, pour en comprendre les mécanismes, de distinguer binairement l’école qui serait du côté de l’apprentissage des “savoir faire” de l’entreprise qui serait du côté de la promotion des “savoir être”. Il faut surtout comprendre quel type de “savoir être” l’école valorise, et qui ne sera pas nécessairement au centre des attendus dans l’entreprise.

En l’occurrence, l’institution scolaire tend à analogiser le “bon élève” et le “bon enfant”, dit Jean Repusseau. C’est un “enfant modèle” qu’elle idéalise : comme les Camille et Madeleine “bonnes, gentilles, aimables” de la Comtesse de Ségur, le “bon élève/bon enfant” est docile à la consigne et observant de la discipline. Sans être nécessairement conformiste dans l’âme (puisque le “bon élève” aura aussi éventuellement appris l’esprit critique), il est respectueux de la hiérarchie (quand même il douterait de sa légitimité en son for intérieur, voire ne lui accorderait que modérément son estime). Loyal à l’égard de l’adulte, il n’en conteste pas l’autorité positionnelle et fonctionnelle : c’est l’adulte (ou plus tard le boss) qui décide, et même si la règle qu’il fixe est absurde ou injuste, elle s’applique. Ne reste qu’à enrager silencieusement si cela produit des états de fait à déplorer, voire des situations iniques.

La “morale” du travail au centre du motif

On ronge son frein mais on se console par l’éthique, car cette acceptation de principe des légitimités en place, repose sur une foi en la morale chevillée au coeur. On n’a pas les honneurs, mais on a l’honnêteté pour soi. On n’a pas la rémunération, mais ce que l’on gagne est honnêtement acquis. On n’a pas la visibilité qu’on espère, mais on ne brûle pas ses idéaux à la lumière. On est du côté de la morale.

Mais quelle morale ? Celle de la fidélité (oui, mais à qui? A l’autre, à l’institution ou bien à soi?), celle de la sagesse (oui, mais sous quelle forme? La prudence, la patience et la discrétion ou bien la hauteur de vue, le sang-froid le regard critique?), celle de la droiture (oui, mais dans quelle acception? Dévouement ordonné, satisfaction aux convenances et rigueur perfectionniste ou bien transparence, intégrité et alignement de ses compétences, valeurs et actions?).

Les pièges de la “bonélèvitude” : la “parfaite numéro 2″

Puisqu’il est question de morale, il y va de vision de soi… Et même, disons-le, de fierté! Alors, comme pour le “complexe d’imposture“, il va falloir se méfier des péchés d’orgueil qui font les pièges les plus sûrement tendus à soi.

Car à force de redoutables capacités de travail, d’intransigeante loyauté, et de fiabilité sans concession dont elle se targue, la “bonne élève“ n’incarne pas tant le potentiel, avec ce qu’il implique de facteur de risque, que l’avéré, avec ce qu’il a de sécurisant mais aussi de renvoi au passé ; pas tant l’espoir du meilleur que la garantie de l’accompli ; pas tant le pari d’ambition sur l’avenir que l’assurance de stabilité sur le présent.

Voilà qui fait souvent de la “bonne élève” une “parfaite numéro 2“, à la fois vue comme telle par les autres (et quel intérêt de lui proposer le poste de numéro 1, quand on a mis la main sur une pareille perle pour servir de solide bras droit aux ambitieux-ses?) et perçue ainsi par elle-même (qui s’inquiète, quand “tout va à peu près bien” ou “rien ne va vraiment mal“, d’aller se mettre en danger en exprimant de plus hautes ambitions).

En d’autres termes, elle heurte le plafond de verre… A force de trop bien faire! Et alors gare aux frustrations : à poste de numéro 2, rémunération de numéro 2, considération de numéro 2, progression de numéro 2!

Sortir du “complexe de la bonne élève” : les “bonheurs de Sophie”

Le complexe de la bonne élève est-il pour autant une fatalité? Imaginons, en retournant fouiner dans la bibliothèque de notre enfance, qu’au lieu de prendre exemple sur les petites filles parfaites de la Comtesse de Ségur, on s’inspire de leur contre-modèle : la cousine Sophie.

Souvenez-vous, c’est cette demoiselle aux “cheveux coupés courts comme ceux d’un garçon“, qui se passe de chapeaux et de gants car sa mère veut “l’exposer au soleil, à la pluie, au froid et au vent“. Sa vie n’est que succession d’aventures et d’expérimentations : fi des mises en garde, elle brave les interdits pour satisfaire son insatiable curiosité, joue de malice et imagine incessamment des astuces pour contourner les règles trop strictes, apprend de ce qu’elle vit davantage de ce qu’on lui dit et préfère encore risquer la réprimande à l’occasion que de renoncer aux tentations

Il ne lui arrive que des “malheurs“? C’est ce que le titre du roman qui lui est consacré laisse supposer. Mais est-ce si sûr? De l’oeuvre de Ségur, plusieurs interprétations sont permises : d’aucun-es la lisent en effet comme une saga punitive qui prévient les filles des risques et méfaits de l’indiscipline… Mais d’autres, se souvenant d’un préambule qui ne cache pas l’inspiration autobiographique du personnage de Sophie, voient une ode en creux à l’esprit de liberté et à la force des insoumises !

Car la véritable héroïne, n’est-ce pas finalement la turbulente Sophie, celle par qui arrive dans le coeur des impeccables “petites filles modèles” une réflexion sur le bien et le mal et ce qui fonde le jugement moral. Car chaque fois que Sophie l’audacieuse expérimente quelque chose de nouveau, défiant les règles en place pour définir les siennes, c’est toute la bande qui, confrontée à des choix (la laisser faire ou tenter de la retenir, l’admirer/l’envier ou la désapprouver, la regarder de loin ou la suivre…), s’interroge sur le sens des normes et la portée des actes, et par là-même gagne en autonomie et grandit… N’est-ce pas là une enthousiasmante illustration du leadership?

 

Marie Donzel, pour le blog EVE.